Hemalkasa

Mére avec son bébé malade


Lok Biradari Prakalp

(Fraternité entre les peuples)


L’hôpital d’Hemalkasa a été créé en 1973 sur l’impulsion de Baba AMTE pour offrir gratuitement aux aborigènes « tribals » retirés au plus profond de la forêt, la possibilité de bénéficier de soins. Leurs conditions de vie les exposent à la malnutrition, à de nombreuses infections endémiques, tuberculose, malaria, aux blessures provoquées par des animaux sauvages ou des fractures dues à des chutes (récolte dans les arbres).

A l’époque, leur espérance de vie ne dépassait pas 40 ans. Très isolés, ils n’avaient que de très rares contacts avec le monde extérieur. Profitant qu’ils étaient analphabètes et qu’ils ignoraient leurs droits les plus élémentaires, les entrepreneurs et les gardes forestiers les exploitaient honteusement.

Situation carte Hemalkasa

Un des deux fils de Baba AMTE, le Docteur Prakash AMTE et sa femme le Docteur Mandakini, ont rassemblé leur courage et se sont installés au milieu de l’immense forêt pour soigner bénévolement leurs « frères » aborigènes. Les patients ont commencé à affluer de toutes parts, venant de plus de 1000 villages environnants et à l’heure actuelle 40.000 patients sont soignés gratuitement chaque année.

Auscultation d'un malade

Une sorte d’épopée couronnée (par l’intermédiaire de notre association Villages Sans Frontières) par un appui du Prince Rainier III de Monaco (émission d’un timbre en 1995)

timbre postale de monaco
Trois ans après sa création, l’hôpital d’Hemalkasa, connu sous le nom de Lok Biradari Prakalp (qui signifie « Fraternité entre les peuples ») a très vite compris la nécessité de créer parallèlement une école pour les enfants « tribals ».

Il ne s’agit plus d’apprendre simplement aux enfants à lire et à écrire. Il faut aussi leur donner les moyens de lutter contre les abus de confiance permanents. Il faut aussi améliorer leurs façons agricoles, leurs habitudes sanitaires, leurs procédés de communication et de commerce.

Lors de la mise en place de l’école, l’excellente réputation des médecins a contribué à sa réussite et à sa fréquentation. C’est que l’admission à l’école du Dr Prakash AMTE comportait non seulement une éducation suivie, mais aussi l’accès à une alimentation régulière pour les enfants.

timbre postale de monaco

C’est donc en 1976 (30 ans déjà !!) qu’a été créée une école résidentielle à Hemalkasa. Elle était offerte aux enfants aborigènes « Madia » et « Gond » (tribus dominantes de la région). Baba AMTE était fort conscient du fait que le « développement » prôné par le gouvernement allait coûter très cher aux communautés « tribales ». Il y avait en particulier un projet de création de deux barrages devant détruire bien des villages, terres et une forêt toute entière. En 1984, Baba AMTE organisa la mobilisation de milliers de « tribals » pour envahir le bureau du collecteur de zone et obtenir de lui l’annulation des projets. Cette action, associée à d’autres interventions, fut à même de reporter à plus tard ledit projet.

En dépit de bien d’autres défis à surmonter, la seconde génération d’enfants « tribals » eu le temps d’apprendre ses droits élémentaires et de les faire appliquer désormais, en tant que citoyens d’un pays démocratique où l’éducation constitue la clé de tout.

En plus de l’enseignement conventionnel, c’est l’apprentissage sur le plan agricole qui tient une grande place à Hemalkasa. Traditionnellement, les « Madia-Gond » cultivaient seulement du millet et du riz. Leur alimentation se limite à du riz, des feuilles d’arbres de la jungle, des pousses de bambou ainsi que des racines et tubercules. Ils chassent et mangent tout ce qui remue dans la jungle : rats, grenouilles, cerfs communs, ours, singes, serpents (y compris les pythons), lézards et toutes sortes d’oiseaux.

La réforme agraire entreprise par Lok Biradari Prakalp a inclus des techniques améliorées que les élèves ont acceptées en tant qu’ambassadeurs de ces nouveautés dans leurs villages d’origine. Cette transmission par les jeunes étudiants « tribals » a fait gagner énormément de temps à ces nouvelles techniques pour être adoptées par les villageois.

Il s’agit là d’une sorte de révolution silencieuse, qui a eu l’accord du gouvernement. Un autre exemple de travail à caractère exemplaire : l’enseignement auprès de tous les jeunes étudiants de techniques simples comme la réparation de pompes à eau manuelles. Avant cette innovation, les « tribals » n’avaient pas la possibilité d’obtenir de l’eau propre quand les pompes installées par le gouvernement étaient en panne par manque d’entretien.

Les étudiants formés à ces techniques et à bien d’autres (en plus de la scolarisation habituelle) deviennent de plus en plus conscients de leur rôle dans la société et un certain nombre d’entre eux sont devenus instituteurs dans les écoles gouvernementales situées dans bien des villages.

A Hemalkasa, cette forme d’éducation réussit pour 70 % des élèves. Et déjà cinq étudiants tribals sont devenus médecins diplômés et consacrent leur savoir à soigner leurs frères de la forêt.

Quelques chiffres concernant l’école à l’hôpital/école d’Hemalkasa :

En 2006 :
Nombre d’étudiants en moyenne : 600
Nombre de professeurs : 15
Nombre d’étudiants « tribals » (filles) : 150
Nombre d’étudiants « tribals » (garçons) : 450

Professeurs et étudiants

Quelques-uns des six cents enfants aborigènes entourés de leurs enseignants ainsi que du Dr Prakash et de sa femme le Dr Mandakini (à droite).

En sus de l’enseignement conventionnel, les étudiants « tribals » reçoivent des enseignements complémentaires telles que : techniques de « médecins aux pieds nus » (premiers secours et traitements simples dans les villages voisins), formation à certains métiers simples répandus dans les villages (artisanat, etc.), formation en agriculture pour favoriser la culture de riz et de légumes pour freiner la malnutrition.

Proportion des aborigènes « tribals » dans la population indienne : 9% ce qui représente environ 70 millions de personnes.

400.000 « tribals » « Madia-Gond » vivent dans la région d’Hemalkasa.

La famille AMTE a consacré sa vie au service des autres depuis cinquante ans, toujours bénévolement, avec l'appui des petits-fils et petits-neveux devenus aussi médecins pour en prendre le relais.

Le Dr Digant, fils du Dr Prakash

Le Dr Digant AMTE, fils du Dr Prakash, a rejoint l’équipe, au service des « tribals ».

Quatre générations de la famille AMTE

Quatre générations de la famille AMTE.

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